Un bon liquide de refroidissement
Pour refroidir un moteur de voiture
thermique, on utilise un liquide de refroidissement
composé d’un mélange d’eau et d’éthylène glycol (éthane-1,2-diol), ce
dernier jouant
le rôle d’antigel.
Dans cet exercice, on justifiera le choix d’un mélange commercial eau –
éthylène
glycol (respectivement 40 % - 60 % en volume) à l’aide de ses
propriétés thermiques.
Dans un premier temps, il est nécessaire de valider un protocole de
mesure de la
capacité thermique massique d’un liquide.
1
re partie : validation du
protocole de mesure.
On met en œuvre le protocole suivant avec de l’eau afin de valider la
méthode
de mesure de la capacité thermique massique d’un liquide.
- placer une masse m de liquide dans un
calorimètre ;
- introduire la résistance chauffante dans le liquide ;
- introduire un thermomètre dans le liquide et mesurer
la température initiale T
i du système ;
- alimenter la résistance chauffante en déclenchant le
chronomètre à l’instant t = 0 s ;
- relever la température T du liquide toutes les minutes
tout en veillant à ce que l’intensité du courant I reste
constante.
Données :
- L’énergie électrique W
élec(J) transférée par une résistance chauffante pendant
la durée
Dt(s) : W
élec = EI
Dt, avec E la tension en Volt entre les bornes du
récepteur et I l’intensité du courant en Ampère qui le traverse ;
- On rappelle l’expression de la variation de l’énergie interne U d’un système
incompressible de masse m :
DU = mc
DT ;
- m = (550 ± 1) g de liquide ; E = (5,73 ± 0,01) V ; I = (0,97 ± 0,01) A ;
- La valeur de référence pour la capacité thermique massique de l’eau est :
c
ref = 4 181 J·°C
-1
·kg
-1
.
Le graphique ci-dessous représente les résultats expérimentaux :

Hypothèses :
- La capacité thermique du calorimètre est négligée devant la capacité
thermique des liquides introduits.
- On néglige tout phénomène de rayonnement.
- Les échanges thermiques n’ont lieu qu’entre le liquide et la résistance
chauffante.
- La résistance convertit intégralement l’énergie électrique W
élec qu’elle reçoit
en transfert thermique Q, tel que W
élec = Q.
- Le liquide est un fluide incompressible.
1. Nommer les deux modes de transfert thermiques intervenant dans le
calorimètre.
Convection et conduction.
2. Déduire du premier principe de la thermodynamique appliqué à ce liquide la
relation :
mc
eau(T(t) - Ti
) = EI
Dt
Premier principe
DU = W + Q avec W = 0 dans ce cas.
Q = mc
eau(T(t) - Ti
) = W
élec = EI
Dt,
3. Montrer que la courbe ci-dessus est en accord approximatif avec
l’expression :
T(t) - Ti = k
eauDt
4. Exprimer k
eau en fonction de m,
ceau, E et I à l’aide des questions précédentes.
Les points expérimentaux sont à peu près alignés sur une droite passant par l'origine.
k
eau =EI /(mc
eau) =5,73 x 0,97 /( 0,550 x4,18 10
3)~2,4 10
-3 K s
-1.
La modélisation indiquée sur la courbe fournit la valeur de la
constante k
eau. Son incertitude-type associée est : u(k
eau) = 1,8 x 10
-4 SI.
- L’incertitude sur la capacité thermique massique ceau se calcule avec :
u(c
eau) = c
eau [ (
u(k
eau)/k
eau )
2
+ (
u(E)/
E
)
2
+ (
u(I)
I
)
2]
½.
- Pour comparer le résultat d’une mesure m
mes à une valeur de référence m
ref on
utilise le quotient |m
mes - m
ref|
/u(m) , avec u(m) incertitude-type associée au résultat. Une
mesure est validée quand ce quotient est inférieur à 2.
5. Calculer la valeur expérimentale de c
eau et son incertitude-type associée.
Conclure quant à la validité du protocole de mesure.
c
eau = EI / (m k
eau )=5,73 x0,97 / ( 0,550 x0,00252)=4,01 10
3 J kg
-1 K
-1.
u(c
eau) = 4,01 10
3 [ ( 1,8 10
-4/0,00252
)
2
+ ( 0,01/ 5,73
)
2
+ ( 0,01
/0,97)
2]
½~3 10
2 kg
-1 K
-1.
|4,01 10
3-4181| / (3 10
2)=0,57 <2. Le protocole est valide.
2
e partie :
justification du choix du liquide de refroidissement.
Le liquide de refroidissement doit demeurer liquide aux températures extérieures
d’utilisation. Il doit également absorber l’énergie thermique du moteur et la transférer
au radiateur pour être évacuée vers l’extérieur. Il est ainsi d’autant plus efficace que
sa capacité à stocker de l’énergie thermique lors d’une certaine variation de
température est importante.
En utilisant le protocole précédent, on a déterminé la capacité thermique massique
du mélange. Le résultat est présenté dans le tableau ci-dessous ainsi que les
données relatives à l’eau et à l’éthylène glycol.
|
Ethylène glycol pur
|
mélange eau 40 % éthylène glycol 60 %
|
eau pure
|
Capacité thermique massique
|
2400
|
3100
|
4180
|
Température de solidification
|
-13 °C
|
-37°C
|
0°C
|
6. Discuter l’intérêt d’utiliser le mélange eau-éthylène glycol par rapport aux deux
liquides purs pour refroidir un moteur.
La température de solidification -37°C est très inférieure aux températures les plus froides de l'hiver.
La capacité thermique massique reste très élevée.